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Wednesday
Feb 08th

Killing Joke

Killing Joke est un de ces groupes comme New Order, The Cure ou Depeche Mode qui ont su traverser le temps et qui demeurent indéboulonnables. Depuis 1979 et le single "psyche" et "war dance", il s'en est passé des choses.

Ils sont d'abord passés par leur période punk jusqu'en 1982, puis leur période New wave qui a duré trois albums entre 1985 et 1988, avant d'entamer un nouveau cycle métal hardcore qui perdure voilà plus de quinze ans. Avant que ne se produise ce fameux choc musical "love like blood" en 1984, je n'étais pas un réel fan de cette plaisanterie. Mais "Love like blood" fait parti de ces morceaux comme "I ran" (A Flock of Seagulls), "Cities in dust" (Siouxsie and the Banshees), "This charming man" (The Smiths) etc,  qui m'ont véritablement scotché dès leur sortie. Evidemment, j'ai acheté le maxi et l'album, mais l'intro de la version longue  est atomique, avec ce claviers mélodique et cette guitare qui annoncent l'apocalypse (Une des plus belles intro jamais entendues, version longue attention). J'allais en club à l'époque essentiellement pour écouter ce morceau (qui passait plusieurs fois dans la soirée). C'était le paradis des boites de nuit, que ce soit les 2G, La guinguette du rock, voir le galax (dans la région d'Avignon). La métamorphose de Killing Joke était là. Même mon ami Didier, plutôt Cabrelien et Renaudien à l'époque est tombé dedans. Lui aussi commençait à se métamorphoser et à passer de l'autre coté. Normal, les Smiths aussi, étaient en marche. Mais revenons à nos jokies formés en 1979 à Londres par Jaz Coleman, véritable leader incontrôlable de cette bande apocalyptique. Ils se font d'abord remarquer par le morceau punko dub "turn to red" puis par le célèbre "war dance", un des hymnes tribal du groupe. Ils feront ensuite la première partie de la bande à Ian Curtis, Joy Division. Le premier album éponyme, sorti en 1980 sur leur propre label "malicious damage" est absolument époustouflant, mêlant voix et guitares rageuses sorties de nulle part, un peu heavy métal, aux rythmes dansants tribals et apocalyptiques. Paul Ferguson, le batteur tape comme un véritable bucheron. Il faut écouter "war dance", "the wait" ou encore "complications" pour se rendre compte de cette nervosité et de cette violence musicale. Ce n'est pas un véritable groupe punk, leur musique ne ressemble pas vraiment à d'autres groupes. Par contre, demandons à Ministry, Nirvana ou Metallica ce qu'ils pensent de Killing Joke ? Une nouvelle ère est née. Les concerts des Joke sont une véritable tuerie. Jaz Coleman n'hésite pas à se produire sur scène avec des peintures de guerre  devant des photos de 1938, montrant un pape bénissant des SS nazis. Pure provocation, bien sûr. Avec "What's this for.... !" en 1981, et "revelations" en 1982, on est dans la continuité de la période punk post punk atomisante (un ton en dessous par rapport au premier album, quand même). Ce ne sont pas les morceaux "follow the leaders" ou "the hum" qui me feront mentir. Les rythmiques sont toujours aussi oppressantes, la basse toujours aussi aggressive et les guitares toujours aussi lacérantes. L'enfer est toujours présents dans leur tête, ils en reviendront par la suite, nous dira Jaz Coleman en 1984. La mutation arrive à ce moment là, avec le fameux "love like blood" et l'album "night time", qui aura un gros succès commercial. Avant, il y aura eu l'album "fire dances" en 1983, un peu trop décevant à mon goût, mais qui annonçait le changement. Bref, "Night time", c'est la folie furieuse avec "night time", "darkness before dawn","eighties"... Rien n'est à jeter. On est entre le punk et la new wave, avec des claviers mélodieux beaucoup plus présents. "Eighties" est un des morceaux qui a influencé Nirvana et le "come as you are" de Kurt Cobain. Jaz Coleman leur avait d'ailleurs colé un procès pour "pompage illégal". Si si, avant d'écouter Nirvana pour les nouveaux venus, écoutez donc Killing Joke, vous verrez bien ce qui vous attend. Une sorte d'Iron Maiden du punk moderne. "Brighter than a thousand suns"en 1986 sera un peu plus décevant (sauf pour "Adorations" et "sanity" les deux singles), et "outside the gate" en 1988, carrément misérable. Mais c'est normal, la nouvelle ère de Killing Joke était en marche. Car après s'être éxilé en Islande ou en Australie sans que personne ne sache où il était, un internement, un suivis psychiatrique et diverses autres aventures, Jaz Coleman préparait son retour au premier plan. En 1990, avec l'arrivée de l'ancien batteur de P.I.L, Martin Atkins (qui sera le troisième batteur depuis le début) c'est le début de l'ère métal industrielle, avec l'album "extremities, dirt and various repressed emotions" en 1990. Mais c'est surtout l'album "Pandemonium" qui marquera cette nouvelle apocalypse. Cet opus est celui qui a eu le plus de succès et qui a le plus rapporté au groupe. Le célèbre "millenium" a fait un beau carnage, aussi bien du coté des nostalgiques que du coté du public Métal. Certains de ces morceaux ont été enregistrées dans les célèbres pyramides d'Egypte. Il parait qu'il était très difficile d'enregistrer car, dans certains endroits il n'y avait pas d'électricité et les batteries ne duraient pas plus d'une heure. La malédiction de la momie sans doute. Quel phénomène imprévisible ce Coleman. Il pensait, et pense toujours perpétuellement que la fin du monde est proche. Il est traumatisé par le monde et la violence actuelle. Il sait que le cauchemar a déjà commencé, comme le célèbre David Vincent des Envahisseurs. Il n'a pas hésité à troquer sa citoyenneté bitannique pour un passeport Néo Zélandais, où il vit détaché du monde. A coté de tout ça, il a aussi travaillé avec des artistes du Moyen Orient, avec des orchestres symphoniques avec lesquels il a réarrangé du Pink Floyd ou du Led Zeppelin. Il a même travaillé sur la bande son du "Mulan" de Walt Disney. 2003 sera une année charnière dans la carrière des Joke avec l'album "2003" (ou Killing Joke 2003), avec notamment l'arrivée de Dave Grohl, l'ex batteur de Nirvana et actuel leader des Foo Fifgters. On sent le retour aux sources. On retrouvera l'énergie et la puissance du premier album éponyme de 1980 et du "pandemonium" de 1994. Les rythmiques tribales sont là, les guitares nerveuses aussi, Coleman hurle toujours sa peur du lendemain. Avec "dark forces" ou "loose canon", on est proche de l'enfer de Dante.  Jaz Coleman aura le chic d'épuiser tous les batteurs, de les pousser à bout et de leur en demander toujours plus. Ils sortent de cette expérience complètement lessivés. Ecoutez, vous m'en direz des nouvelles. En 2006, sortira le dernier opus en date "Hosannas from the basement of hell", plus difficile d'accès. Il a été enregistré entre Prague, le Liban..... A réserver à un public averti, comme beaucoup d'autres albums des Killing Joke d'ailleurs (ils ont encore changé de batteur sur cet alum). Mais avec "turn to red" vous aurez une petite dose de reggae dub, si vous voulez. A noter qu'Andy Rourke des Smiths avait aussi joué avec Killing Joke vers la fin des années 80.

Composition du groupe

Jaz Coleman (chant et claviers)

Paul Ferguson (batterie)

Geordie Walker (guitare)

Martin Glover "Youth" (basse)

Discographie

1980 Killing Joke (LP)

1981 What's THIS For...! (LP)

1982 Revelations (LP)

1983 Fire Dances, (LP)

1985 Night Time, (LP)

1986 Brighter than a Thousand Suns, (LP)

1988 Outside the Gate (LP)

1990Extremities, Dirt & Various Repressed Emotions, (LP)

1994 Pandemonium, (LP)

1996 Democracy, (LP)

2003 Killing Joke 2003 (LP)

2006 Hosannas from the Basements of Hell, (LP)
+ diverses compilations et lives

site officiel du groupe

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Mis à jour ( Jeudi, 13 Novembre 2008 10:05 )  

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